Consommer la tech responsable : alternatives GAFAM, sobriété et éco-conception
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Lors du dernier Inoco Day, Quentin a donné une conférence sur le Green IT. Le sujet de départ : comment consommer la tech de façon plus responsable ? Pas dans un sens idéologique, mais concrètement. Quels outils choisir, quels réflexes adopter, que ce soit à titre perso ou en entreprise.
Une démarche qui ne tourne pas uniquement autour de l'écologie. Il y a aussi l'éthique, la souveraineté des données, et parfois juste du bon sens.
Pourquoi chercher des alternatives aux GAFAM ?
GAFAM : Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft.
Ce sont les géants du numérique qu'on utilise tous par défaut, souvent parce qu'on ne connaît rien d'autre. Quentin le dit clairement : "c'est des géants qui proposent beaucoup de services et qui du coup collectent beaucoup de données, et tout le monde utilise que leur solution à eux parce que tout le monde ne connaît que ça."
Le problème, c'est pas uniquement l'impact carbone. Certaines alternatives n'ont pas d'enjeu écologique, elles répondent avant tout à une logique de souveraineté ou d'éthique — un sujet qu'on a déjà creusé quand on a discuté des clouds de confiance et de la souveraineté des données.
Les questions à se poser sont : où vont vos données ? Qui en fait quoi ? Et est-ce que vous avez vraiment besoin de tout ce que l'outil vous propose ?
C'est la triple lecture que Quentin défend pour arbitrer ses usages numériques.
Des coopératives et des alternatives.
Quentin présente "Les Licornes" — un rassemblement de 16 sociétés coopératives françaises, dans des secteurs variés (énergie, transport…). Pour le numérique, il en utilise deux à titre personnel.
Telecoop, d'abord : le premier opérateur télécom coopératif engagé dans la transition écologique. L'idée : un forfait adapté aux usages réels, pas au marketing. Commown, ensuite : une coopérative où on loue du matériel électronique (téléphone, ordinateur) plutôt que de l'acheter — et où le prix de location baisse avec le temps, pour encourager à le garder. Quentin y a pris son téléphone et son ordi quand il est passé sur Linux.
Pour les services en ligne, il y a des alternatives à chaque niveau. Pour la messagerie, Proton Mail (hébergeur suisse qui garantit que les données ne seront jamais revendues) ou Mailo (solution française orientée rétention maîtrisée). Et surtout Comail — une messagerie française que Quentin utilise comme messagerie principale : data centers gérés écologiquement en France, suppression automatique des mails inutiles, abonnement payant sans revente de données ni publicité. Pour le cloud, Proton Drive fait pendant à Google Drive. Pour le déploiement, OVH est l'alternative européenne à GCP, AWS et Azure. Pour la musique en streaming, Deezer à la place de Spotify — pas forcément plus écologique, mais les développeurs sont français et les données restent en Europe.
Open source et logiciels légers : consommer ce dont on a vraiment besoin
Un point qui revient régulièrement dans l'échange avec Quentin : les logiciels des GAFAM sont lourds parce qu'ils essaient de couvrir tous les cas d'usage pour tous les utilisateurs du monde. "Est-ce que j'ai vraiment besoin de tout ce que le logiciel m'offre ?" — c'est la question qu'il pose.
Les solutions open source sont souvent plus légères, justement parce qu'elles sont développées par des communautés avec moins de moyens, et donc davantage orientées vers les besoins essentiels. Elles sont aussi modulables : on prend ce qui nous intéresse, on peut les déployer là où ça a du sens (sur son ordinateur local, si c'est suffisant), et leur transparence évite les mauvaises surprises sur ce qu'elles font des données.
Ce que les développeurs peuvent faire : purge, dimensionnement, déploiement local
C'est là que la discussion prend un tour plus technique, et c'est là que Quentin est vraiment à l'aise.
Politiques de conservation des données
Quentin insiste sur un réflexe souvent oublié : penser dès le développement à combien de temps les données doivent être conservées. "Actuellement il y a des terra et des terra et des terra de données qui sont stockées partout dans le monde parce qu'on stocke des données depuis les années 80." La base de données grossit, la facture monte, et personne n'a eu le budget pour mettre en place une politique de purge.
Sa recommandation : intégrer des mécanismes d'archivage et de suppression automatique avant même de commencer à coder. Parce qu'après, c'est toujours plus cher et plus difficile.
L'exemple concret
Sur une application gérée par INOCO typiquement le genre de projet qu'on adresse via notre offre Agence les coûts d'infrastructure ont été divisés par 5 après quelques optimisations.
Les mesures : arrêt des services les nuits et week-ends (inutile en non-prod), redimensionnement des instances (de 416 Mo à 91 Mo, soit −78 %), et mise en place d'une politique de rétention des images Docker — on ne garde que les 5 dernières, et toute image non utilisée depuis 30 jours est supprimée.
Une image Docker, c'est l'environnement packagé dans lequel l'application tourne. À chaque nouvelle fonctionnalité poussée, le pipeline génère une nouvelle image. Sans politique de rétention, elles s'accumulent, prennent de la place, et la facture augmente silencieusement.
Déploiement local plutôt que cloud distant
Quentin parle aussi d'une autre pratique mise en place chez INOCO : déployer certains services directement sur le réseau local de l'entreprise via Docker Compose, plutôt que de passer par AWS. "On s'est dit c'est un service qu'on utilise juste en local à Inoco et donc pourquoi pas essayer de le rendre accessible juste dans les locaux." Résultat : moins de consommation, maîtrise des données, et une disponibilité garantie même si internet tombe — c'est ce qu'on appelle un intranet.
Éco-conception : évaluer l'impact de ce qu'on crée
Pour terminer, Quentin aborde l'éco-conception : caches pour limiter les appels réseau, optimisation des images et des polices côté front, dimensionnement juste des ressources. L'association Green IT propose des audits pour mesurer l'empreinte écologique d'une application à partir de son URL. C'est un point qu'on n'a pas poussé dans l'article moins dans notre cœur de métier mais qui peut s'appliquer à n'importe quel frontend développé en interne. Si la question de la résidence des données se pose aussi dans vos projets IA, on a détaillé comment utiliser les meilleurs LLM tout en gardant ses données en Europe.
C'est finalement ça, l'essentiel de ce que partage Quentin : des gestes concrets, des alternatives qui existent et fonctionnent, et une façon de penser ses usages numériques qui dépasse le seul prisme écologique. Consommer local, consommer utile, et savoir où vont ses données — ça s'applique autant à titre perso qu'à l'échelle d'une équipe tech.
© INOCO 2025. Tous droits réservés.
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